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Littératie et situations de handicap : obstacles, défis et actions

2021-04-26
Appel à contribution Comité de rédacteurs

Karine N. Tremblay, professeure Université du Québec à Chicoutimi

Edith Jolicoeur, conseillère aux activités d’aide à la réussite éducative, Université du Québec à Rimouski

André C. Moreau, professeur Université du Québec en Outaouais

Judith Beaulieu, professeure Université du Québec en Outaouais

 

Cadrage

La documentation scientifique montre que les personnes en situation de handicap, comme celles ayant une déficience intellectuelle, ont moins d’opportunités de développer leurs compétences en littératie ou de bénéficier de l’accès aux pratiques sociales de littératie (langage écrit ou numérique) (Barton et Papen, 2010). À titre illustratif, ces apprenants ont peu ou pas accès à un enseignement de qualité pour développer ces compétences (Browder et al., 2009). Or, la Convention relative aux droits des personnes handicapées met de l’avant le droit à l’éducation (article 24) et à bénéficier de l’apprentissage de systèmes de communication adaptés ou sous la forme de systèmes de communication améliorée et alternative pour permettre à la personne de comprendre l’information orale et écrite et, ainsi, d’améliorer sa qualité de vie et de participer socialement à sa communauté (Martini-Willemin, 2013). La pertinence sociale de traiter de « littératie et de situations de handicap » interpelle les chercheurs et les praticiens à agir pour réduire les obstacles au développement de ces compétences ou l’accès à la littératie. Parmi ces obstacles, il y a entre autres l’attitude de personnels scolaires qui sous-estiment les capacités de ces personnes à apprendre (Katim, 2000). Aussi, les intervenants, lorsqu’ils sont interrogés sur leurs pratiques, soulignent qu’ils n’ont pas suffisamment de formation pour bien intervenir auprès de ces personnes en situation de handicap, et ce, dans différentes sphères en éducation, en santé, en loisirs, etc. En outre, plus les incapacités sont sévères, plus les personnes sont à risque de vivre des situations de handicap et plus la littératie représente un défi important tant pour la personne que pour les communautés et milieux de l’éducation, ou autres organismes qui leur offrent des services (Lemons et Fuchs, 2010).

La littératie, en francophonie, a connu une évolution dans sa conception lorsqu’elle a été associée à l’approche humaniste. Le modèle du Processus de production du handicap (MDH-PPH) (Fougeyrollas, 1998, 2010) est issu de cette approche humaniste et offre une perspective systémique pour décrire, analyser et comprendre les facteurs qui influencent le développement de la littératie d’apprenants en situation de handicap. Dans le cadre de leurs activités récentes, des membres et partenaires du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) proposent une définition de la littératie qui s’inspire de ce modèle. La littératie désigne « la capacité d’une personne, d’un milieu et d’une communauté à comprendre et à communiquer de l’information par le langage sur différents supports pour participer activement à la société dans différents contextes » (Moreau et al., 2020, p. 54). Selon cette perspective interactive personne-milieu, la littératie désigne les dimensions propres à la personne et celles propres aux milieux. Cette perspective aide à comprendre le développement de la littératie qui se situe sur un continuum allant du lecteur émergent au lecteur accompli plutôt que d’opposer la personne qui sait lire à celle qui ne sait pas lire (alphabet et analphabet). Cette façon de concevoir la littératie contribue à mieux comprendre les facteurs environnementaux qui perpétuent ou qui atténuent, sinon éliminent, les situations de handicap en matière de littératie. Cette définition interpelle une diversité de domaines de la société. Appliquée à l’éducation auprès d’élèves en situation de handicap comme ceux ayant une déficience intellectuelle ou d’autres troubles neurodéveloppementaux (p. ex. trouble du spectre de l’autisme [TSA], cette perspective s’inscrit dans le courant récent de l’accès à la littératie que ce soit pour développer les premières compétences à communiquer à l’oral et à l’écrit (Browder et al., 2009), ou pour rendre accessible l’information à toute personne. La littératie permet, entre autres, de prendre des décisions éclairées en alimentation, en santé, en finance, ou de participer à la vie démocratique. En plus d’améliorer la qualité de vie et d’augmenter l’autonomie de la personne, l’accès à la littératie offre de multiples occasions d’être en présence de diverses modalités de langage, dont le monde de l’écrit sur un support papier ou un support numérique.

Ce numéro thématique veut rejoindre des acteurs du domaine de l’éducation et d’une diversité de champs disciplinaires sous le thème « littératie et situations de handicap ». Chercheurs, professionnels ou praticiens, et étudiants issus de la relève sont invités à présenter les résultats de recherche qui font état des obstacles, des défis et des actions à poser pour soutenir le développement de compétences ou l’accès à la littératie des personnes qui, en raison de leur haut niveau d’incapacités, sont à risque de vivre des situations de handicap. Par exemple, les meilleures pratiques en matière d’enseignement, de communication d’information, ou de participation sociale sont des thèmes à explorer. Les méthodologies de recherche peuvent être diversifiées ; recension des écrits, recherche qualitative, quantitative, mixte ou réalisée avec les milieux de la pratique permettront d’ouvrir sur une variété de facettes de cette thématique qui concerne tant la capacité des personnes ou celle des environnements humains, sociaux ou technologiques qui favorisent la littératie. Cette idée de capacité renvoie aux opportunités ou aux possibilités des personnes ou des milieux ou communautés de se développer (Moreau et al., 2020). En outre, la pertinence scientifique de ce numéro réside dans le fait d’apporter un éclairage, par une description riche et détaillée des approches, des modèles théoriques, des données éprouvées par la recherche, ainsi que de meilleures façons de faire pour insuffler des actions en matière de littératie qui visent la participation sociale et une société plus inclusive.

Les textes scientifiques, professionnels ou de la relève devront rejoindre l’un des deux axes suivants :

(a) fondements scientifiques et théoriques visant la transformation de pratiques en matière de littératie auprès des personnes en situation de handicap ;

b) pratiques d’enseignement et d’intervention favorisant le développement des compétences en littératie des personnes en situation de handicap.

Type d’articles acceptés Milieu de recherche

Articles scientifiques :  6000 mots (références exclues), arbitrage à l’aveugle par deux chercheurs :

Nous accepterons dans cette catégorie des articles scientifiques « classiques ». Cependant, chaque article soumis dans cette catégorie devra être accompagné d’un texte à caractère vulgarisateur d’environ deux pages s’adressant directement aux praticiens et professionnels de l’éducation. Voici un exemple d’article scientifique (http://revues.uqac.ca/index.php/rhe/article/view/503/834) et son texte de vulgarisation (http://revues.uqac.ca/index.php/rhe/article/view/503/835). Les articles soumis dans cette catégorie présenteront des données de recherche originales ou une réflexion théorique visant à faire avancer le champ.

 

Milieu scolaire 

Article professionnel : 3000 à 5000 mots (références exclues), arbitrage par les rédacteurs invités et un membre du comité scientifique de la revue :

Nous accepterons des articles professionnels écrits par (ou en collaboration avec) des acteurs des milieux scolaires (enseignants, directions, conseillers pédagogiques, etc.). Les articles de cette catégorie peuvent témoigner de projets éducatifs novateurs, décrire une pratique, une expérience, une innovation, ou une situation de transfert de connaissance ou présenter toute autre initiative pédagogique favorisant le développement des pratiques.

 

Place à la relève scientifique

Article par un étudiant gradué ou pour lequel un étudiant gradué est le leader : 3000 à 5000 mots (références exclues), le premier auteur doit être un étudiant gradué, arbitrage à l’aveugle par un étudiant gradué et un chercheur :

Il s’agit là d’une rubrique donnant un espace aux étudiants de cycles supérieurs pour présenter leur projet de recherche (en cours ou terminé), ainsi que différentes actions novatrices ou réflexions contribuant à leur démarche de formation scientifique.

 

Calendrier suggéré
  • Les auteurs intéressés à contribuer devront soumettre un résumé de la contribution proposée de 180 mots (titre inclus) avant le mardi 1er juin 2021 en le soumettant par courriel à Karine N. Tremblay (Karine-N_Tremblay@uqac.ca). Ils devront alors préciser dans quel axe ils se situent et quel type d’article ils désirent soumettre.
  • Le comité de rédacteurs réagira aux résumés avant le 15 juin 2021.
  • Les auteurs auront ensuite jusqu’au vendredi 10 septembre 2021 pour soumettre leur article au format MS Word. Les articles doivent être écrits à même le canevas de rédaction de la revue (http://revues.uqac.ca/index.php/rhe/about/submissions).
  • Les articles seront ensuite soumis au comité scientifique de la Revue Hybride en Éducation (RHÉ) qui vérifiera le respect de l’appel initial à contribution, puis l’évaluera conformément à la politique de la RHÉ.
  • La révision linguistique et la mise en page finale seront réalisées par l’équipe de la RHÉ.
  • Date de publication envisagée : janvier 2022.
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Numéro courant

Vol. 5 No 1 (2021)
Publié-e: 2021-11-05
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De la pratique aux savoirs pour une véritable synergie de la recherche en éducation

La Revue hybride de l’éducation a été officiellement lancée à l’Université du Québec à Chicoutimi le mercredi 15 mars 2017 lors de la journée du Consortium Régional de Recherche en Éducation.