La force discrète des organisations : le +1 et le Modèle de l'Engagement Réciproque

Auteurs-es

  • Olivier Gagnon Université du Québec à Chicoutimi

DOI :

https://doi.org/10.1522/radm.no9.2049

Mots-clés :

Contribution discrète (+1), Modèle de l'Engagement Réciproque (MER), engagement au travail, régulations implicites, travail réel

Résumé

Cet article s’intéresse à ce qui permet au travail collectif de se réaliser concrètement dans les organisations, au-delà des prescriptions formelles et des dispositifs de pilotage. Il part du constat que de nombreuses transformations du travail ne se traduisent ni par des incidents visibles ni par des ruptures immédiates de performance, mais par des glissements progressifs dans les manières de faire. Ces transformations concernent notamment les ajustements discrets par lesquels les équipes coordonnent leur activité, s’entraident et prennent en charge ce qui n’est prévu nulle part. À partir de cette observation, l’auteur introduit la notion de « +1 », définie comme une micro-contribution volontaire et située, par laquelle une personne fait ponctuellement un peu plus que ce que son rôle prescrit afin que le travail puisse se poursuivre. Le +1 n’est ni un trait individuel ni un indicateur d’engagement, mais un révélateur des conditions dans lesquelles l’initiative demeure praticable. L’article propose ensuite le Modèle de l’Engagement Réciproque (MER), qui conçoit l’engagement comme une relation implicite et évolutive entre l’organisation, le collectif et les individus. Une étude de cas illustre comment la circulation, la mise en visibilité puis le retrait de ces contributions modifient progressivement la texture du travail. L’ensemble conduit à une lecture managériale qui invite moins à produire de l’engagement qu’à préserver les conditions organisationnelles et relationnelles qui rendent ces contributions possibles.  

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Publié-e

05-02-2026