About the Journal
Organisations & Territoires est une revue scientifique numérique en libre accès, placée sous la responsabilité du Département des sciences économiques et administratives de l’Université du Québec à Chicoutimi. Diffusée sous licence Creative Commons Attribution (CC BY), elle publie des travaux inédits soumis à l’évaluation par les pairs. Dans sa forme actuelle, elle existe depuis 1991 et relève du modèle diamant : ni les auteurs ni les lecteurs n’ont à débourser quoi que ce soit, les premiers pour publier, les seconds pour lire. Les textes paraissent sur la plateforme Open Journal Systems (OJS) et sont répertoriés dans ÉRUDIT.
Ce choix n’a rien d’anodin sur le plan technique : il engage une certaine idée de ce que doit être la publication scientifique. Une revue savante ne joue son rôle que si elle rend les connaissances accessibles et discutables, sans dresser devant les auteurs ou les lecteurs des barrières financières qui en restreindraient la circulation. Pour Organisations & Territoires, le libre accès relève donc autant de la diffusion que de la responsabilité éditoriale.
Son histoire éclaire cette responsabilité. Dans les années 1980, le même département publiait la revue P.M.O., consacrée à la gestion des petites et moyennes organisations. C’est l’ancêtre direct d’Organisations & Territoires, et l’on y trouvait déjà ce qui fait la marque de la revue : une attention soutenue aux réalités organisationnelles, à la gestion concrète, aux milieux où se déploient les pratiques administratives.
À l’automne 1991 paraît une version profondément renouvelée. Rebaptisée Organisation, elle se tourne vers la réflexion et l’action en matière de gestion des organisations québécoises et s’adresse à un lectorat élargi : décideurs d’organismes privés, publics et sans but lucratif, professeurs d’université et de cégep en sciences de l’organisation, étudiants de deuxième et de troisième cycle. À ce stade, la gestion des organisations reste son centre de gravité.
Second tournant à l’automne 1998 : la revue devient Organisations & Territoires. Le changement de nom dit quelque chose de plus qu’une formalité. Sans rien abandonner de son ancrage dans les sciences de la gestion, elle resserre peu à peu son propos autour d’enjeux plus précis, sous l’effet des transformations liées à l’économie du savoir. Les territoires (locaux, ruraux, régionaux, urbains) deviennent un terrain d’application et de réflexion privilégié, parce qu’ils forment l’assise concrète des dynamiques sociales, économiques, politiques et culturelles dont dépendent les organisations et leurs marges d’action.
Depuis juin 2026 s’ouvre une nouvelle étape. Fidèle à son histoire, mais attentive aux recompositions du paysage scientifique francophone, la revue élargit son ouverture à la francophonie. Que l’on s’entende : il ne s’agit ni d’une rupture ni d’un changement d’identité. Le Québec et le Canada restent au cœur de la revue, de sa mémoire, de sa cohérence. Mais un ancrage véritable ne condamne pas au repli ; il offre un point d’appui. C’est depuis ce socle que la revue souhaite faire dialoguer des travaux venus d’autres espaces francophones (africains, européens, caribéens) partout où se posent, sous une forme ou une autre, des questions de développement, d’innovation, de gouvernance et d’action territoriale.
Encore faut-il que cette ouverture demeure exigeante. Élargir le périmètre de la revue ne saurait justifier qu’on en dilue la ligne éditoriale. L’enjeu est plutôt de faire résonner son identité avec d’autres réalités francophones, à condition que les contributions éclairent des enjeux réels, reposent sur des contextes identifiables et fassent mieux comprendre le lien entre organisations et territoires.
La revue occupe de longue date une place à part parmi les revues francophones. Elle accueille des contributions de qualité en matière de développement, d’innovation, de gouvernance et de gestion, sans jamais perdre de vue les réalités organisationnelles et territoriales. Mais publier ne lui suffit pas. Ce qu’elle cherche à entretenir, c’est un espace de réflexion exigeant, où les idées restent reliées aux terrains qui leur donnent leur sens.
Jamais elle ne traite les organisations, les politiques publiques ou les transformations en suspension, hors du monde réel. Les phénomènes qu’elle examine sont pris dans des contextes, des trajectoires, des rapports de force, des situations concrètes. C’est là, dans ce nœud entre organisations et territoires, qu’elle trouve sa cohérence et sa portée. Les organisations ne se comprennent pas tout à fait sans les territoires qui les façonnent ; et ces territoires, à leur tour, restent indissociables des institutions, des collectifs et des formes d’action qui les traversent.
La revue s’adresse d’abord aux chercheurs, aux enseignants-chercheurs, aux chargés de cours et aux étudiants des cycles supérieurs. Elle entend rejoindre aussi les gestionnaires et les praticiens, les acteurs du développement territorial, les institutions et les décideurs publics. Cette pluralité de lecteurs n’autorise aucun relâchement ; elle oblige au contraire à tenir ensemble deux exigences de même rang : la qualité des contenus et la justesse de leur formulation.
Les contributions qu’elle publie varient par le format et par le ton : articles scientifiques, analyses, études de cas, entretiens, notes, chroniques, ou toute autre proposition compatible avec sa ligne. Cette ouverture n’est pas de la dispersion. Une revue ne gagne rien à recevoir sans discernement tout ce qu’on lui adresse ; elle s’affirme au contraire en sachant clairement ce qu’elle est, ce qu’elle défend, ce qu’elle ne publiera pas.
Les textes soumis répondent à des exigences que la revue ne cache pas : originalité, rigueur, intelligibilité, pertinence, qualité d’écriture. Un article doit être construit, fondé, cohérent ; il doit éclairer un enjeu réel et justifier sa présence ici plutôt qu’ailleurs. La clarté, à cet égard, n’est pas un ornement : elle appartient à la rigueur. Écrire clairement ne revient pas à simplifier à l’excès, mais à maîtriser assez son propos pour le rendre précis et transmissible.
La revue, enfin, reste profondément enracinée, non pas recluse dans un périmètre étroit, mais branchée sur le réel. Les contributions qu’elle attend gardent un lien véritable avec des pratiques, des institutions, des collectivités, des terrains. On n’oppose pas ici la conceptualisation à l’enquête empirique ; on rappelle simplement qu’une pensée gagne en force quand elle ne perd pas de vue ce qu’elle veut éclairer.
